Votre banque vous conseille maintenant, début 2025, de commencer une PLCI (pension libre complémentaire pour indépendants) pour épargner un peu plus pour votre pension. Elle aurait un régime fiscal très intéressant. Est-ce exact ? Et faut-il la préférer à la CPTI (convention de pension pour travailleurs indépendants) ?
Le coût réel de votre PLCI
Fiscalement avantageux. La prime d’une PLCI, est déductible à l’impôt des personnes physiques, comme vos cotisations sociales, donc dans votre tranche la plus haute, imposée en général à 50 % + les additionnels communaux, ce qui vous fait également, par la suite, payer moins de cotisations sociales. Bien plus intéressant que la réduction d’impôt pour l’épargne-pension classique ou une assurance vie individuelle, de seulement 30 % !
Le montant de la prime déductible. Pour 2025, la prime déductible fiscalement est de 8,17 % de votre revenu professionnel net imposable indexé de 2022, et d’au maximum 4 000,44 €. Votre revenu indexé de 2022, vous le retrouvez sur le décompte trimestriel de vos cotisations sociales, que vous envoie votre caisse d’assurances sociales.
Conseil. La prime déductible d’une PLCI «sociale» correspond à 9,40 % de votre revenu d’il y a trois ans, avec un plafond de 4 602,71 €.
Vous n’avez pas encore trois années d’activité ? Le pourcentage déductible s’applique alors au revenu de référence de vos cotisations sociales provisoires. Si vous payez les cotisations minimums, votre prime de PLCI maximum est de 1 389,63 € ou 1 598,84 €, soit 8,17 % ou 9,40 % de 17 008,88 €.
Attention ! Si vous débutez, vous pouvez verser une prime de PLCI pour chaque trimestre où vous êtes indépendant. Celui qui débute le 1er avril ne pourra ainsi verser au maximum que 3/4 d’une prime annuelle normale.
Jusqu’à 60 % d’économie d’impôt ? Si vos cotisations sociales sont de 20,5 %, les frais d’administration de votre caisse d’assurances sociales de 3,05 % et vos additionnels communaux de 7 %, voici votre économie d’impôt maximum :
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Prime maximum en 2025 |
PLCI |
PLCIS |
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Prime |
4 000,44 |
4 602,71 |
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Économie de cotisations sociales 20,5 % |
-820,09 |
-943,56 |
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Économie de frais d’administration 3,05 % |
-25,01 |
-28,78 |
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Économie d’impôt 50 % |
-1 577,67 |
-1 815,18 |
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Économie d’additionnels communaux 7 % |
-110,44 |
-127,06 |
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Coût net |
1 467,23 |
1 688,12 |
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Économie totale |
63,32 % |
63,32 % |
Mieux qu’une CPTI ?
La CPTI, le pendant de l’assurance groupe ? Oui, les deux sont en effet comparables. Si vous n’êtes pas en société, mais indépendant à titre principal, conjoint aidant ou aidant indépendant en nom personnel, qui est redevable (au moins) des cotisations sociales minimums en profession principale, vous pouvez aussi vous constituer une pension complémentaire via une CPTI.
Une économie d’impôt de 30 %. Vous payez une taxe de 4,4 % sur la prime d’une CPTI, mais celle-ci vous rapporte, via votre déclaration d’impôt personnelle, une réduction d’impôt de 30 %, du moins si elle respecte la «règle des 80 %». Le montant de la prime que vous pouvez verser dépend donc de cette règle, à savoir que la somme de votre pension légale, votre PLCI et votre CPTI ne peut pas dépasser 80 % de votre revenu moyen des trois dernières années de votre carrière.
Un régime fiscal moins avantageux ? Oui, moins avantageux que celui de la PLCI, mais comme la prime maximum d’une PLCI est relativement limitée, vous pourriez, si vous la versez déjà et qu’il vous reste une marge financière, songer à d’autres formes de pension complémentaire, dont la CPTI.
Vous économisez jusqu’à 63 % de vos primes PLCI en cotisations sociales et impôt. En tant qu’indépendant en nom personnel, celles d’une CPTI ne vous rapportent qu’une réduction d’impôt de 30 %. De ce point de vue, une PLCI est donc plus intéressante, mais s’il vous reste encore de la marge, vous pouvez souscrire une CPTI.